Se lancer en affaires ou… s’autopropulser!

Depuis 30 ans, je suis spécialisé dans l’alimentation. J’ai monté les échelons de la profession un à un, souvent dans l’adversité. Débutant comme commis dans une pharmacie durant mes études secondaires à laver les planchers, à brosser les moppes à la main (pour les conserver plus longtemps), à remplir des étalages. J’y ai appris les bases du service à la clientèle, le travail bien fait et l’esprit d’équipe. Mon plan de carrière était d’évoluer dans le monde des communications. Je désirais devenir journaliste mais durant toutes mes études en communications, du secondaire à l’université, j’ai travaillé dans le commerce de détail, passant de la pharmacie à l’épicerie.

À la fin de mes études, tout en travaillant en épicerie comme superviseur aux caisses, je travaillais comme pigiste pour un magazine. Ma copine, qui est devenue ma conjointe, était également pigiste pour des magazines. Pigiste débutant = précarité. De peur de ne pouvoir payer les comptes en étant tous les deux pigistes, j’ai accepté un poste de gestion pour mon employeur qui ouvrait un nouveau concept d’épicerie avec du non alimentaire. J’ai choisi ma seconde passion, le commerce de détail et je n’ai jamais regretté mon choix.

Après avoir ouvert deux magasins de ce nouveau concept, j’ai décidé de postuler sur un poste temporaire d’adjoint de catégories au sein de la même entreprise pour aider l’équipe à lancer un concept de non alimentaire dans l’une de leur enseigne de proximité, plus axée épicerie traditionnelle. J’ai côtoyé des femmes extraordinaires – c’était une équipe exclusivement féminine –, des femmes de tête qui évoluent maintenant dans des postes prestigieux de gestion. J’ai gardé contact avec certaines d’entre elles qui m’ont influencé indirectement à me lancer en affaires.

Le poste d’adjoint étant temporaire, j’ai postulé dans la division grossiste de l’entreprise et ait été embauché. J’y ai découvert le monde fascinant du commerce de gros. J’y ai travaillé comme adjoint de catégories puis ait été promu rapidement gérant de catégories dans des catégories à haut volume pour la division. J’ai collaboré avec le directeur des ventes à l’international en lui dénichant constamment des produits à vendre aux quatre coins du monde. À partir de ce moment, j’ai inconsciemment choisi de faire de l’export et cette personne est devenu mon mentor anonyme, je voulais faire comme lui. Nous avons toujours maintenu une collaboration car nous apprécions mutuellement la philosophie professionnelle de l’autre.

Après dix ans de travail dans cette entreprise, un important courtier en alimentation avec qui je collaborais m’a offert un poste sur un plateau d’argent pour devenir directeur de comptes : bon salaire, boni, allocation d’auto, carte d’essence, etc. Ma conjointe et moi attendions des triplés, il fallait changer de voiture, passer d’une compacte à une mini-fourgonnette. Cette opportunité inespérée arrivait à point.

À partir de ce moment, j’ai travaillé en alternance dans différents postes de ventes et dans des postes de mise en marché comme si, lorsque j’étais d’un côté de la table, je m’ennuyais de l’autre côté. Puis, en juillet 2016 alors que j’étais en poste dans un nouveau rôle devant générer des ventes additionnelles, j’ai reçu un appel d’une enseigne en Islande qui désirait acheter des produits canadiens. J’ai alors imaginé un concept de regroupement de manufacturiers agroalimentaires canadiens désirant exporter sous l’égide de l’entreprise pour laquelle je travaillais. Autant dans le secteur des services alimentaires qu’au détail, cela permettait d’avoir une masse critique de manufacturiers ayant donné préalablement l’autorisation d’exporter leurs produits et ainsi économiser temps et énergie. Dans cette initiative, j’ai pu allier la vente, la mise en marché, la gestion d’événements et de partenariats et l’export. Outre la naissance de ce concept, une conviction s’est imprégnée : j’étais à ma place et heureux.

L’entreprise a mis fin à mon emploi le 8 janvier dernier dans le cadre d’une restructuration. Depuis toujours, on me dit que j’ai de l’ownership, que je suis un intrapreneur. J’ai donc décidé de me réapproprier ce métier qui me passionne depuis 30 ans : l’alimentation. Bien que je n’y pensais pas avant de perdre mon emploi, l’appel a été puissant. Comme si ça allait de soi. Cet appel à travailler pour soi est en fait un appel à collaborer avec les autres, de les épauler. Travailler seul, mais bien entouré, grâce au carnet de contacts que je me suis bâti pendant toutes ces années.

Le nom de mon entreprise a aussi été une révélation : Propulsion courtier. Propulsion : je suis un homme d’action, je déteste le surplace. Je préconise le mouvement. Courtier : je désire être l’intermédiaire entre l’acheteur et le vendeur et inversement. Je désire relier les gens, leur trouver les bons partenaires pour leur permettre de se propulser vers l’avant.

Voilà, 21 jours se sont écoulés depuis ma dernière journée de travail dans une grande entreprise. Depuis, je m’auto-propulse. Je vous emmène?

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